10 leçons apprises en 10 ans d’entreprenariat

10 ans à mon compte 10 leçons entreprenariales que j'ai apprises

Le 1er février 2011 je devenais officiellement cheffe d’entreprise.

Je créais des bijoux en assemblage depuis quelques temps, et à tâtons, sans trop voir venir la chose, je me suis lancée.

Ok, on m’a un peu poussée… Mais tout s’est fait en douceur, sans pression, et petit à petit.

J’ai depuis fabriqué mon nid et pris mon envol puisqu’aujourd’hui, 10 ans après, je suis toujours au commande de ce premier bébé, et en ai créé un autre.

C’est qu’il s’en est passé, des choses, en 10 années d’entreprenariat. Il y a eu des temps forts, des rencontres, des erreurs et des progrès.

Aujourd’hui je voudrais vous partager 10 leçons que j’ai apprises – un peu sur le tas il faut avouer – et qui m’ont permises d’en être là où je suis à ce jour.


1 / “Mettre la charue avant les boeufs”, ça a du bon

Tout n’a pas commencé exactement ce 1er février 2011. Si cette date ancre mon enregistrement en tant qu’auto-entrepreneur, j’avais déjà commencé mon aventure entreprenariale un peu auparavant.

Créer un blogil n’y avait pas Instagram à l’époque #teamdinosaure – m’a permis de commencer à fédérer une tout petite communauté autour de mon univers, et de mon parcours créatif. J’avais ainsi un peu moins peur du “vide” au moment de lancer ma marque 🙂

Egalement, une fois le nom de ma marque trouvé, j’ai ouvert une boutique sur Etsy, A Little Market et Dawanda. Depuis, 2 d’entre elles ont disparu #teamdinosaure.

Il n’était alors pas nécessaire d’avoir un statut professionnel pour pouvoir vendre sur ces plateformes.

En revanche, lorsque A Little Market m’a proposé d’intégrer leur première boutique éphémère parisienne, je n’avais d’autre choix que de m’immatriculer.

Merci le statut – tout récent – hyper simplifié de l’auto-entreprise. Et merci à ALM de m’avoir légèrement poussée 🙂

Depuis je conseille à tous ceux qui souhaitent se lancer de ne pas freiner et se retarder pour des détails qui peuvent être réglés par la suite – une immatriculation, un logo, un packaging etc…

Le plus important : produire et vendre.


2 / Trouver le juste prix, le nerf de la guerre

Lorsqu’un premier revendeur m’a proposé d’intégrer sa boutique, j’ai évidemment sauté de joie.

C’était sans compter sur le calcul des mes tarifs, complètement aléatoire, et évidemment sous-estimé.

Merci à elle de m’avoir ouvert les yeux et aiguillée. J’ai quasiment doublé mes tarifs pour la collection suivante. Et j’ai survécu.

Depuis, j’ai bien compris comment faire, et je vous le partage d’ailleurs dans ces 2 articles :
Comment bien calculer le prix de vente de ses bijoux
Le secret pour vendre au juste prix


3 / Investir dans la formation

Pour justifier cette augmentation de tarifs, je voulais aussi augmenter en gamme. Valoriser ma technique.

J’ai donc pris des cours – un petit budget, il faut le dire – chez une artisane de mon quartier. J’y ai trouvé ce que je cherchais, et bien plus.

J’y ai appris les techniques de base, et celles que je voulais approfondir (en l’occurrence, la découpe, le limage, le recuit, le brasage). J’ai fabriqué mes premiers bijoux sous ses conseils avisés.

J’ai par la suite intégré les cours du soirs à l’école Boulle, via la Mairie de Paris. Voilà une autre façon d’apprendre, plus scolaire, plus complète.

Ces quelques centaines d’euros, je ne les ai jamais regrettés. Ce sont aujourd’hui les bases de ma petite entreprise artisanale.

Si vous êtes ici, sur ce blog, j’imagine que vous êtes dans ce cheminement également, celui de vous former à la bijouterie.

N’hésitez pas à multiplier les sources d’apprentissage. Trouvez quel mode de formation vous convient le mieux. Et tirez-en le meilleur.

(Pour rappel : voici un annuaire des écoles de bijouterie en France.
Et si retourner à l’école ne vous enchante pas : par ici mes formations aux techniques de base de la bijouterie)


4 / “Faire brûler le bateau”

Cette expression vient des colons espagnols qui, pour ne pas rebrousser chemin une fois arrivés en terre inconnue, avaient pour habitude de faire brûler leurs bateaux.

C’est ce que j’ai fait, mais en douceur 🙂

Après avoir diminué mon temps de travail dans l’entreprise dans laquelle je travaillais – et cumulé mes 2 activités durant 2 ans, j’ai enfin sauté dans le grand bain. Sans la perche. Et sans bouée.

C’était le bon moment pour moi, je ne peux pas dire si c’est absolument ce qu’il faut faire.

Mais couper le cordon ombilical du salaire mensuel rassurant a été quelques peu vertigineux de prime abord. Puis un vrai moteur pour réaliser mon rêve à 100%, de mon temps et de ma tête.


5 / Devenir stratège

Non, pas le stratège diabolique que vous imaginez 🙂

Mais lorsque l’on fait un métier-passion comme celui de bijoutier, il est parfois difficile de réfléchir à ce qui serait bon “pour son entreprise”.

Dans mon cas, définir une stratégie de production avant mon départ pour 6 mois en Amérique a été une étape salvatrice.

Pas évident, de prendre des décisions entre le “100% fait-main” qui me tenait tant à cœur, et l’optimisation pour que mon petit business reste rentable.

Cette fois-là, la raison a primé sur le coeur. J’ai donc sous-traité à des machines la découpe d’une partie de mes collections.

L’histoire m’apprendra que ce genre de décisions n’est pas irrémédiable, mais peut être complémentaire, sans perdre ses valeurs.


6 / Avoir un local

Un bébé et un atelier sous le même toit, ça ne fait pas bon ménage.

Aussi lorsque sous mon nez, un joli local commercial en fond de cour est venu me narguer, sur l’occasion j’ai sauté (vous noterez mes efforts de rime).

Et quelle bonne décision j’ai pris là ! Non sans peurs ni sans doutes. Mais sans regrets, aujourd’hui c’est certain.

Avoir un local dédié à mon activité m’a permis de :

  • déjà de retrouver ma santé mentale 🙂
  • augmenter ma productivité par 10
  • pouvoir accueillir des stagiaires
  • rencontrer ma clientèle
  • montrer mon travail “en direct”, mon local ayant une partie showroom et une partie atelier
  • développer une notoriété locale
  • créer des liens forts avec les commerçants de mon quartier
  • accueillir des évènements, des workshops, des réunions d’équipes
  • me diversifier en donnant des cours
  • et bien entendu : avoir un point de vente direct supplémentaire.


7 / Apprendre à déléguer

Avec ce local sont arrivés les demandes de stages.

Et si au début j’étais très dubitative sur le fait d’avoir la légitimité nécessaire pour ces apprentis bijoutiers (et il faut avouer, mon éthique face à “la main d’oeuvre gratuite” me freinait aussi), je me suis vite rendue à l’évidence.

C’est un vrai partenariat gagnant-gagnant.

J’ai grandi à leur côté, mon entreprise aussi. Mes doutes ont vite été dissipés. Et au niveau de la transmission, je pense les avoir accompagné au delà du simple savoir-faire. J’ai par la suite même embauché certaines d’entre elles.

Bref : comme un premier jour en crèche : lâcher son bébé c’est un peu dur mais quand ça roule, c’est fabuleux de le voir s’épanouir #teammaman


8 / L’union fait la force

Le soir où, après quelques verres, avec des amies créatrices, nous avons évoqué la possibilité de nous monter en association pour créer des évènements dans notre ville, nous étions loin d’imaginer ce qui nous attendait.

Parfois, l’effet de groupe a du bon. Nous nous sommes entrainées mutuellement dans cette folie. Nous avons concentré nos forces, nos réseaux, nos savoir-faires et nos économies pour ouvrir le plus gros pop-up store de Toulouse.

Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, car il y a aussi eu des formations pro, l’accueil des dirigeants d’Etsy, des conférences à Paris, des apéro-créateurs, des partenariats avec la presse, et d’autres événements et salons.

Un vrai succès (les galères, on les oublie 🙂

Seul, on va plus vite, mais ensemble on va plus loin.


9 / Savoir se diversifier

Des circonstances et un contexte qui changent. Un bébé, un déménagement, puis une expatriation… et c’est tout un quotidien qui est chamboulé.

M’ouvrir à d’autres supports, d’autres formes d’expression à travers un blog (ici présent, sous vos yeux) m’a permis, sans le savoir tout de suite, d’entrevoir une suite à tout ce parcours.

Passer de la création à l’information, puis à la formation.

J’ai ouvert mon savoir-faire aux autres et, plutôt que de me sentir vulnérable, cela m’a permis de me diversifier.


10 / …et tout recommencer

Depuis, c’est reparti !

Je me suis formée (après coup – on ne change pas les bonnes vieilles habitudes), mais à d’autres techniques.

J’ai appris sur le tas à écrire, publier, filmer, monter. J’ai acquis des compétences dans plein de domaines. Je me suis formée, à mon rythme, et selon mon budget.

J’ai appliqué des prix justes dès le départ, fait brûler le bateau en rendant mon local. J’ai réfléchi “stratégie“, pour savoir quel cap prendre. J’ai trouvé d’autres compagnons de voyage. Et depuis quelques semaines, je délègue, petit à petit. Pour mieux grandir.

En conclusion, en bilan de ces 10 années, j’aimerais juste vous donner mon point de vue sur 3 choses qui me paraissent essentielles :

  • On peut aussi réussir, sans avoir de “business plan”, comme on nous l’apprend à l’école. Il y a d’autres chemins de traverse qui existent. Avancer avec cœur et à l’instinct, ça fonctionne aussi.
  • Quand ça fait peur, c’est bon signe !
  • Avancer pas à pas, marche après marche. Pour ma part, si j’avais su tout ce qui m’attendait, j’aurais certainement pris peur et me serai sentie découragée, incapable de le faire. Donc autant ne pas trop regarder devant, mais regarder ses pieds pour ne pas trébucher 🙂

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Mélanie - www.apprendre-la-bijouterie.com

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6 comments

  1. Félicitations pour ce parcours!
    J’en suis moins loin mais je me reconnais dans plusieurs de tes étapes! J’apprends aussi encore et toujours.
    Bonne continuation!
    Caroline / Tulipes en Janvier

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