Parcours d’une autodidacte

Portrait d'une autodidacte

Je m’appelle Mélanie, la trentaine passée, jeune maman, et créatrice-autodidacte de la marque de bijoux OH LA LA ! depuis 2010.

Mon parcours ne me prédestinait pas à ce métier, et c’est au hasard des rencontres et par la persévérance que j’en suis arrivée aujourd’hui à vivre de ma passion.

Je me suis lancée “en autodidacte” comme on dit, et j’ai pour ambition d’encourager chaque personne qui le désire à en faire autant.

Alors fini de procrastiner, de chercher des formations hors de prix, de parcourir le web à la recherche de tutos et autres conseils : ici vous trouverez tout ce qu’il vous faut pour commencer, ensemble, pas à pas.

Allez hop, enfilez votre chemise, on va explorer le monde de la création de bijoux !

Un peu de moi

Je viens d’une famille où l’art est plutôt omniprésent : mon père a toujours peint à l’huile et dessiné au pastel. Ma mère a un don pour les portraits, l’aquarelle et l’encre de chine. Mon frère quant à lui a suivi des études de graphisme, côté plus moderne du dessin, et il n’est pas en reste avec un stylo bille dans la main.

Pour ma part, l’apogée de mes talents de dessinatrice s’est cantonné au gribouillis de bords de cahier en cours de philo. Pour ceux qui connaissent : finir un “numero d’art” à 8 ans a été ma plus grande fierté. Aussi, j’ai longtemps considéré que j’étais le vilain petit canard – artistiquement parlant j’entends – de ma famille.

Non pas que cela m’ait vraiment dérangé ; j’étais plutôt bricoleuse, débrouillarde et m’intéressait à bien d’autres sujets. Mais je n’avais pas cette fibre artistique.

Mon parcours scolaire – classique – fut bon, et une fois mon bac en poche, je me suis lancée comme un poulet sans tête dans les études supérieures. Que faire qui me donne un avenir, qui ne soit pas trop précis, qui développe mes compétences mais qui ne m’ennuie pas ?

J’ai fait une école de commerce internationale.

Qu’est ce que j’y ai appris ? Je n’en sais rien.

Mais cela a eu le mérite : 1/ de me faire “monter à la capitale”, lieu de toutes les découvertes culturelles et de l’émancipation pour la jeune fille que j’étais et 2/ de me faire travailler à l’étranger lors de stages qui m’ont ouvert l’esprit et les envies.

J’y ai aussi réalisé un mémoire sur le sujet de “l’inadéquation entre les études et le marché du travail”. Grosso Modo. J’étais pourtant loin de m’imaginer que je tomberai en PLEIN dedans.

J’ai tout de même sagement suivi les consignes : rentrer dans le moule, travailler 39h, faire ce que l’on me demande sans poser de questions. J’ai bossé dans plusieurs entreprises, toutes plus ahurissantes les unes que les autres, toujours à l’export. Puis un jour j’ai décroché le pompon, le St Graal, un CDI dans une grande entreprise de cosmétiques au poste de Coordinatrice Export. Youpi, c’était la voie royale pour… ben, pour rien du tout, c’était bien là le problème.

Le décalage entre le monde de l’entreprise et moi

Je vous passe les détail des entretiens totalement ridicules que l’on m’a fait passer.
Ne mentionnons même pas l’inadéquation entre la fiche de poste et les missions confiées.
Je passerai même sous silence les détails sur l’inhumanité des relations humaines, sur la Rat Race, sur l’imbécillité des règles de l’entreprise, sur l’écœurement que cela a provoqué chez moi comme chez bien d’autres, sur les crises d’angoisse et les boules au ventre le matin… Ce sujet mériterait un blog entier.

Mais puisqu’il faut toujours tirer du positif de tout ça : cela a eu le mérite de me faire chercher autre chose, vite, de l’air, de quoi respirer.

La bijouterie m’est tombée dans les bras, comme ça, ni plus ni moins. C’est elle qui est venue me chercher. Je l’avais donc bien en moi cette fibre artistique, il fallait juste attendre qu’elle se révèle.

Comment je suis tombée dedans.

Je vous épargne la longue épopée qui m’a menée à détester le monde du salariat. Il y a de fortes chances que si vous lisez ces lignes, c’est que vous y avez goûté aussi et que comme moi, vous souhaitez en sortir.

Alors pour faire court : en juillet 2010, dans le bureau des ressources “humaines” de mon entreprise, j’ai entendu quelqu’un me dire ça :

“[ton condescendent] Ecoute Mélanie, il va falloir que tu mettes ta vie personnelle entre parenthèses pendant quelques temps si tu veux rester.”

Cette phrase, elle a été le déclencheur de TOUT. Elle venait à bout de longues heure d’ennui mêlées d’écœurement et de rabaissement de soi. Elle venait à bout de moi.

J’ai eu le déclic : le monde ne tourne pas rond, je ne peux plus essayer de tourner avec. Il faut que je me sorte de là.

Une fois les 56h d’heures supp’ rattrapées, j’ai pris mes cliques et mes claques (ou plutôt mon homme et mes claquettes) et je suis partie 3 semaines en Indonésie. Souffler. Récupérer. Me réparer. Et préparer mon retour.

Indonésie, Yogyakarta

A Yogyakarta, sur l’île de Java, dans un café plutôt “original”,nous voilà en discussion avec  un jeune indonésien parlant français. On parle musique. Dans la discussion, il nous apprend qu’il fait des bijoux en argent et que si l’on veut, il peut nous apprendre.

Sympa comme idée : nous venions juste de nous pacser et n’avions même pas prévu d’anneaux pour officialiser cela.

Nous voilà le soir même à son atelier, bocfil à la main, en train de créer nos propres bagues en argent massif…

Fabrication d'une bague en argent

La graine avait été semée. La magie avait opéré. J’avais adoré.

J’étais tellement fière de ma réalisation. Voilà une photo de ma bague, ma première réalisation, juste après l’avoir fabriquée. Totalement imparfaite, mais la plus belle à mes yeux !

bague_mel_indonesie

Indonésie, Bali

Quelques jours après, à Bali, nous faisons plus ample connaissance avec un garçon de chambre de notre hôtel, qui nous conduit à Celuk, la ville où la plupart des bijoux en argent sont créés. Je m’équipe alors avec un minimum d’outillage et nous rentrons en France l’esprit plus léger car déjà occupé à imaginer un avenir bien meilleur.

La suite va plutôt vite, du moins c’est l’impression que j’en ai.

France, Paris

Dès mon retour, mon travail salarié m’est apparu beaucoup plus facile à vivre. Je savais que j’en partirai tôt ou tard, que cela n’était plus qu’une question de temps. J’avais trouvé une passion qui me faisait relativiser toute cette bêtise humaine.

J’ai trouvé près de chez moi une ancienne bijoutière qui a accepté de me former aux bases de la bijouterie : cela m’a conforté dans mon envie de faire ce métier. Les cours étaient un peu chers mais je n’avais pas vraiment le choix. Les écoles de bijouterie étaient (et sont encore) hors de prix, et j’avais passé l’âge pour l’école publique… Bien évidemment, ces euros furent non seulement très vite rentabilisés, mais restent à ce jour mon meilleur investissement !

J’ai tout de même continué mes recherches et j’ai découvert que la Mairie de Paris proposait une formation en cours du soir en bijouterie à l’école Boulle. Pour adultes. Une vingtaine de candidats reçus seulement. J’ai tenté ma chance et j’ai été reçue !

Je vais vous paraître “fine bouche” mais la plupart de mon savoir en matière de bijouterie, je ne l’ai pas appris à l’école. Cette année de formation, bien que très sympathique, n’a pas été si “poussée” que ça en je restais sur ma faim.

Premier serti ecole Boulle

Alors de mon côté j’ai fouillé le web, épluché les forums, échangé avec d’autres créatrices. J’ai lu des livres sur le sujet, j’ai tenté des expériences, je me suis plantée, j’ai avisé… Aujourd’hui encore je suis dans cette démarche. Je me forme sur le tas, en permanence.

“Quand on veut, on peut !”

J’ai lancé ma marque, OH LA LA !, et j’ai été surprise de voir des gens aimer (et même acheter !) mes créations. Très vite, j’ai demandé un temps partiel à mon entreprise. Puis un mi-temps. Puis un plus-rien-du-tout. C’était en 2013. Il m’a fallu 2 ans.

Depuis j’ai parcouru l’Amérique latine en sac à dos, j’ai fabriqué un bébé tout beau (un vrai !), j’ai déménagé dans le Sud de la France, et j’ai ouvert mon premier atelier-boutique à Toulouse. *Edit : depuis l’écriture de cet article en 2016, j’ai également fabriqué un deuxième beau bébé, fermé mon atelier de Toulouse et déménagé sur l’île de Malte !* Je confirme donc l’adage : quand on veut, on peut !

mon parcours

J’ai conscience que mon savoir est encore infime, mon savoir-faire également. Mais j’me soigne. Et je souhaite partager ce peu de savoir qui fait que tout de même aujourd’hui je m’éclate au quotidien, je suis épanouie, et je vis de ma passion.

Mon premier conseil sera donc : n’attendez pas de SAVOIR avant de FAIRE !

Alors allons-y ensemble, pas à pas.

De l’auto-apprentissage et de la légitimité dans son métier

Peut-on s’appeler “bijoutier” lorsque l’on n’a même pas un CAP de bijoutier ?
Doit-on se cacher des autres lorsque nos créations ne sont pas “parfaites” ? Même pas en or ?
Comment se former en bijouterie lorsque l’on a dépassé l’âge limite d’inscription aux écoles de bijouterie / que l’on a un autre métier à côté / que l’on a une famille dont on doit s’occuper / que l’on n’a pas les finances nécessaires pour une école privée ?
… et bien on devient autodidacte.
Le domaine qu’est la bijouterie nous offre bien des chances : il existe autant de bijoux que de goûts dans la nature, autant de techniques que de matières à exploiter, autant de façon de faire qu’il existe de bijoutiers…
Il y a donc une place pour tous, et pour tous les styles.
Certain choisiront de se consacrer à des métaux peu nobles mais avec des techniques particulières (le fil de fer par exemple), d’autres s’évertueront à rendre l’argent aussi lisse et brillant que de l’or blanc, j’en connais qui ne jurent que par la pureté et la valeur d’une pierre, alors que d’autres sont des experts de l’émaillage sur laiton…

Pour ma part, j’ai choisi de créer une gamme de bijoux que l’on puisse changer “comme de chemise”, au grès de ses envies, des occasions et de sa garde robe, mais je voulais pour autant garder cet aspect “précieux” et “esthétique”. De ce choix en découle la matière : forcément la base de mes bijoux ne devaient pas coûter trop cher afin d’offrir une gamme de prix abordable. J’ai choisi le laiton plaqué or. J’aurais pu garder le laiton brut : j’adore cette couleur. Mais le plaqué or s’est avéré nécessaire pour pouvoir offrir cette couleur dorée le plus longtemps possible à mes clientes. C’est un choix comme un autre. Par goût principalement.

J’ai longtemps eu cette impression “d’imposture” vis à vis des autres bijoutier : après tout je n’avais pas de diplôme, ne touchait qu’à la bijouterie fantaisie, avec des outils parfois… originaux… et des techniques souvent imparfaites.

Le temps et les rencontre ont fini par me décomplexer : j’ai aujourd’hui une clientèle ravie, je connais des tas d’autres créatrices aux coutumes et aux techniques tout aussi farfelues que les miennes, et au final mon entreprise bénéficie d’une belle image tout en proposant des bijoux abordables et qui me correspondent bien.

Et c’est tout ce que je recherche !

 

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