Se former à la bijouterie : en autodidacte ou à l’école ?

Se former à la bijouterie - vaut-il mieux les bancs de l'école ou l'apprentissage en autodidacte ? Education vs Experience

Si comme moi vous avez un jour été piqué(e) par le moustique de la fabrication de bijoux, une des premières interrogations que l’on a est “comment se former au métier de bijoutier ?”

J’ai longtemps cru que ce métier artisanal était de celui qu’on se transmet “de père en fils”, et je ne l’avais jusqu’alors jamais envisagé comme un métier possible pour moi. J’ai d’ailleurs évoqué ce sujet récemment lors d’une interview pour Bloomr.

J’ai alors fouillé le net et (parfois difficilement) trouvé des noms d’écoles, d’instituts de formation, de cours dispensés… Ca éclaircissait mes interrogations mais malheureusement, rien ne me correspondait.

Pour être totalement honnête, je crois que je n’ai même pas envisagé de retourner à l’école, d’autant plus lorsque j’ai compris qu’il était possible d’exercer ce métier sans diplôme.

Du coup *Spoiler Alert* : je me suis formée en autodidacte. Ca, c’est pour mon parcours à moi.

Mais vous ? Peut-être êtes-vous dans la même configuration que moi il y a 10 ans ? Vous ne savez pas comment vous former ou vous perfectionner ? Vous hésitez à investir du temps et de l’argent, alors autant faire les bons choix ?

Choisir la voie de l’éducation, ou privilégier l’expérience personnelle ?

Nous allons aujourd’hui parler de ces différentes solutions qui s’offrent à vous, des avantages et des inconvénients de chacune en essayant d’être le plus objectif possible.

J’ai demandé en parallèle sur notre groupe d’entraide des témoignages de créateurs s’étant formés dans chacune de ces voies.


SE FORMER EN ECOLE DE BIJOUTERIE

Se former à la bijouterie : faut-il choisir les bancs de l'école où l'apprentissage par l'expérience, autrement dit être autodidacte ? Quelques pistes de réflexion sur le blog...
Source : the 77th Jewellery School, Bangkok

Les écoles de bijouterie ne sont pas vraiment nombreuses, mais il en existe tout de même un peu partout en France (et en francophonie)

Certaines sont plus réputées que d’autres, mais les cursus sont toujours les mêmes : CAP en 1 ou 2 ans puis BMA (Brevet des Métiers d’Art) en 1 ou 2 ans, axé sur la technique, puis DMA (Diplôme des Métiers d’Art) en 2 ans, qui développe le côté artistique du métier.

On peut donc passer de 1 à 5 ans sur les bancs d’une école de bijouterie-joaillerie. Sans parler des mentions complémentaires et autres spécificités.

Certaines écoles n’acceptent les élèves que dans le cadre d’une scolarité continue, c’est à dire sans avoir fait de “coupure” dans sa scolarité. D’autres acceptent des profils plus divers. Le GRETA ou autres organismes se chargent également de former les adultes.

Je ne vais pas m’étaler plus sur cette partie qui devrait faire le sujet d’un autre article à part entière. J’entends par “formation en école”, une formation en cursus “classique” qui vise à l’obtention d’un diplôme.

Ce diplôme n’est pas obligatoire car la bijouterie-joaillerie n’est pas un métier réglementé (la détention de métaux précieux en revanche l’est en France, alors pas de confusion!). Mais nous verrons que dans certains cas, avoir un diplôme est vivement conseillé.


Les avantages à se former en école de bijouterie


Le savoir-faire vous est servi sur un plateau. Une école, c’est là ou toutes les techniques sont censées être maîtrisées. Il peut y avoir de réels pôles d’excellence, surtout en France. Les outils et machines sont toutes à disposition, pas besoin de les acheter pour pouvoir les tester. Tout le savoir, le savoir-faire et le matériel sont réunis en un seul endroit et les professeurs peuvent vous aiguiller dans vos gestes, c’est une vraie aubaine.

“Je voulais apprendre le métier dans tous les sens du terme.”
Lionel, bijoutier-joaillier pour de grandes maisons parisiennes.

“Je n’arrivais pas à réaliser physiquement tout ce que j’avais dans la tête, alors je me suis inscrite”
Caroline, créatrice de la marque Atelier Caro2Coeur



La légitimité. Ah, cette sacré légitimité. En France, on aime beaucoup se voir accréditer un tampon “légitime” via un diplôme. Sans cela, on a l’impression de ne pas avoir le droit, alors qu’en fait, si. La réalité, c’est que si vous souhaitez travailler en atelier, pour le compte d’autres maisons de joaillerie, ce diplôme deviendra quasi-obligatoire, un peu comme un sésame. Pour exercer à votre compte, le diplôme n’est pas obligatoire.

” Je dirais que la formation m’a donnée une certaine légitimité que je ne sentais pas avoir auparavant.”
Audrey, créatrice de la marque La Pointe du Vent.



Se faire un réseau. C’est le cas dans bon nombre de filières, pas uniquement celle de la bijouterie. Aller dans une école de bijouterie, c’est se faire des collègues avec qui vous pouvez travailler et échanger par le suite, avoir accès aux fournisseurs et aux connaissances de vos professeurs. Ces liens tissés durant plusieurs mois et années vous apporteront forcément quelque chose, voire des offres d’emploi qui vous n’auriez sans doute jamais vues sans eux.



Les inconvénients à se former en école de bijouterie 


C’est cher.  Outre le prix de l’école, du matériel à acheter (rares sont les écoles qui le fournissent), il faut aussi pouvoir vivre plusieurs années sans rentrées d’argent. Et lorsque l’on est déjà dans la vie active, que l’on a une famille, des obligations… difficile de n’avoir aucun revenu durant plusieurs mois. C’est souvent l’objection n°1, et pas des moindres.


C’est “général”. Ce point là peut en fait être un avantage comme un inconvénient. A l’école, on apprend de tout (et tant mieux!)… et même ce que l’on ne souhaite pas apprendre. Selon votre âge ou votre mentalité, vous pouvez avoir une idée plus ou moins précise de ce que vous souhaitez faire, de là où vous voulez aller, des techniques que vous souhaitez apprendre.

“J’avais l’impression d’apprendre des techniques vintage dont je n’aurais jamais l’utilisation”
Laure, créatrice de la marque
Sands Of Saturn



Il faut “aimer l’école” : retrouver un cadre, des horaires, des camarades, se plier à ce que l’on demande, être noté, évalué, rentrer dans le moule… Là aussi, c’est une question de tempérament. Une fois quittés les bancs de l’école, dur dur d’y revenir…

“J’ai choisi de me former en autodidacte par manque de moyens et aussi par “peur” de retourner dans un cadre scolaire. Je ne me sentais pas prête à affronter un regard critique”
Laure, créatrice de la marque
Sands Of Saturn



Vous n’êtes pas préparé au monde du travail… Même si aujourd’hui des efforts sont faits en ce sens : l’école ne prépare pas vraiment les élèves au monde du travail. Combien d’élèves fraîchement sortis d’une école de bijouterie trouvent directement un travail dans une maison de joaillerie ? Les employeurs veulent s’assurer d’un minimum d’expérience, comme le démontre si bien Andrew Berry dans cette vidéo (en anglais). Cela fait bien râler les élèves mais il faut être honnête : le savoir c’est bien, mais sans la pratique, ce n’est rien.

“Sortir de l’école où tu travail sur du maillechort, du cuivre, du laiton ou du bronze, et d’un coup travailler sur les métaux précieux avec tout ce que cela comporte, ce n’est pas pareil…”
Lionel, bijoutier-joaillier pour de grandes maisons.


Idem si vous souhaitez vous lancer à votre compte. Va-t’on vous expliquer comment créer votre branding ? L’importance de la photographie ? Maîtriser sa communication, créer votre site web et animer vos réseaux sociaux ? Quelles méthodes de vente utiliser et quel canal de distribution ? Allez-vous ouvrir une boutique ? Quel sera la règle numéro un à respecter (je vous le dit : l’emplacement) (c’est aussi la règle numéro 2 et 3) Bref, tout cela, on ne vous y prépare pas, et c’est bien dommage.

“[A l’école] j’ai compris qu’on essayait définitivement de nous former à travailler pour des grandes maisons et ce n’est pas du tout ce que je voulais.”
Laure, créatrice de la marque
Sands Of Saturn


Alors les écoles de bijouterie, c’est fait pour qui ?

Je dirais surtout pour ceux qui veulent travailler pour de grandes (ou moins grandes) maisons, qui préfèrent être salariés du métier. Il faut donc aimer ce métier pour la beauté du geste, pour le travail manuel qu’il apporte, et un peu moins pour la créativité.

Pour ceux qu’un diplôme rassure. Si le fait de ne pas en avoir doit vous donner des cauchemars et surtout vous empêcher d’avancer, alors go !

Pour ceux qui n’ont pas une idée précise de ce qu’ils veulent apprendre, d’où ils veulent aller, mais qui savent qu’un métier manuel leur convient.

Enfin, pour ceux qui peuvent se le permettre (financièrement et en terme de temps) : si vous êtes encore dans le cursus scolaire, qu’une école n’est pas loin, que vos finances vous permettent de tenir quelques années…



SE FORMER A LA BIJOUTERIE EN AUTODIDACTE

Se former à la bijouterie : faut-il choisir les bancs de l'école où l'apprentissage par l'expérience, autrement dit être autodidacte ? Quelques pistes de réflexion sur le blog...

Voilà un terme qui peut faire peur, car bien souvent on ne sait pas par où commencer. Qu’est ce que ça veut dire, se former en autodidacte ?

Beaucoup pensent qu’il s’agit de partir tout seule à la conquête d’un savoir improbable… Il y a de cela, oui, car l’expérience est génératrice de savoir. Essayer, se tromper, tester, bidouiller, recommencer, et y arriver. Il n’y a rien de mieux, en effet, pour apprendre.

Mais on peut trouver des ressources ailleurs également : des livres par exemple. J’adore les livres et j’en ai d’ailleurs fait une petite sélection.

Les blogs et sites internet dédiés à la bijouterie fleurissent, ce blog en est la preuve. Sans parler du puits sans fond qu’est Pinterest.

Et les vidéos en ligne, on en parle ? Si tu comprends l’anglais, alors salut, on se revoit dans 10 ans, tu peux y passer des nuits blanches. En Français c’est moins courant, mais pour en citer quelques uns, il y a les vidéos de l’expert Michel Zimmermann, la décomplexée (et décomplexante) Agnès Ismay ou encore mon pendant quebecquois d’Objectif Bijoux. Sans oublier ma chaîne à moi, toute fraîche !

Mais il est également possible de se former en autodidacte avec de l’aide ! Que ce soit en prenant quelques heures de cours auprès d’un bijoutier expérimenté, lors d’un voyage au bout du monde, lors de
stages d’initiation par le Greta ou encore par des formations complètes en ligne (promis, ça arrive par ici).

Aujourd’hui, avec Internet, on peut trouver tout le savoir dont on a besoin. Gratuit ou non, le savoir est disponible, plus d’excuses !

Du coup, pour quelles raisons se pencher vers l’apprentissage autonome ? Et à quelles conditions ? A quoi s’attendre ?


Les avantages de se former en autodidacte


La liberté de création. Lorsque j’ai demandé sur notre groupe d’entraide Facebook quelles étaient les raisons de ce choix (se former en autodidacte), la liberté artistique est apparu grande gagnante. S’affranchir du côté classique et scolaire pour développe le côté artistique, casser les codes, sortir des clous, éviter les figures imposées. Les créateurs en bijouterie ayant choisi de se former par eux-même ont souvent un style différent, souvent plus moderne qu’en bijouterie classique, et parfois peu conventionnel.

Je ne veux pas être “formatée” et garder mon esprit libre de toutes règles en matière de création”
Elise, créatrice de la marque Eliz’Art



La liberté de rythme. Pas d’école, pas de sonneries, pas de programme, pas de jugement. Pour les phobiques de l’école, c’est parfait 🙂 Apprendre quand l’on veut, du soir au matin, ou juste le week-end, c’est quand même agréable.

“Il était important de me former en autodidacte pour ne pas stagner en attendant une formation et j’avoue que j’y ai pris goût”
Audrey, créatrice de la marque
La Pointe du Vent



L’efficacité. Choisir ses apprentissages, c’est aller à l’essentiel, se concentrer sur des techniques qui nous plaisent. On peut choisir de creuser un sujet plus qu’un autre, de s’y vouer plusieurs heures, en accélérant sur d’autres parties si on le souhaite. Chose impossible à faire si l’on doit suivre un programme. Au final, le temps perdu à rechercher les informations contre-balance le temps gagné à ne PAS apprendre des techniques dont on ne se servira pas.



Le sentiment de fierté est décuplé. C’est un peu le pendant du syndrome de l’imposteur, c’est ce qui fait qu’on passe outre. Lorsque par sa seule volonté, son seul travail, des heures d’apprentissage autonome, on arrive au résultat escompté. C’est une sensation moteur dans la progression d’un apprentissage.



Ca n’engage à rien : tout juste à investir dans un peu d’outillage. Si vous ne pouvez plus continuer de vous former, si vous voulez changer de style, de méthodes, si pour une quelconque raison vous voulez ou devez mettre de côté votre formation : vous n’avez de comptes à rendre qu’à vous-même.

“A l’époque je ne pensais pas vraiment me consacrer pleinement à ça, c’est venu au fil du temps, quand j’ai vu à quel point ça venait me nourrir intérieurement”
Elise, créatrice de la marque
Eliz’Art



Les inconvénients de se former par soi-même


Le syndrome de l’imposteur. Ah ! Ce fichu syndrome (qui lui aussi aura son petit article dédié). C’est un peu LE point qui rebute beaucoup de monde – surtout les français, j’ai envie de dire, très attachés aux diplômes. Exercer une activité pour laquelle nous n’avons pas le fameux petit papier “diplôme”, c’est être garanti de se sentir illégitime dans tout ce que l’on entreprend. Heureusement, ça se soigne, et on verra cela dans un prochain article 😉


Le temps. Trouver les ressources dont on a besoin prend du temps. On écume les pages d’un livre, on pianote sur internet, on saute de vidéo Youtube en vidéo Youtube. Parfois, on met des heures à chercher une solution à un problème rencontré, quand un professeur pourrait tout simplement nous donner la clé…


Le manque de ressources, d’entraide, de feedback. Quand on se forme seul, on se retrouve parfois un peu isolé. Encore une fois je le répète, se former en autodidacte à la bijouterie n’est pas synonyme de s’enfermer dans un placard en épluchant des livres ! Mais il faut l’avouer : on peut passer des heures à son établi sans savoir si l’on prend une bonne direction. On a des doutes parfois, des questions sans réponses, et cela peut influer sur son moral et ses certitudes. Heureusement, il existe un chouette groupe d’entraide pour bijoutiers autodidactes sur Facebook ! 🙂


Alors se former en autodidacte à la bijouterie, est-ce fait pour vous ?

La formation par ses propres moyens peut être un formidable tremplin si vous avez le tempérament et les ambitions qui vont avec.

Si vous êtes débrouillard, fonceur, curieux : vous aurez des facilités, c’est sûr.

Vous avez une idée, un projet, une envie concrète ? Vous souhaitez vous lancer à votre compte ? Alors vous n’avez pas besoin d’un parcours scolaire. L’apprentissage autonome sera plus rapide et efficace.

Vous avez un autre travail, vous souhaitez d’abord “tester” sans devoir tout abandonner ? C’est tout à fait possible.


En conclusion…

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de se former. Il n’y a que des voies qui VOUS correspondront ou non.

Par cet article, je souhaite avant tout vous donner un meilleur aperçu de ce qu’il est possible de faire, la première étape étant de savoir où vous voulez aller, dans quel but vous vous formez, et bien vous connaître pour faire un choix qui vous amènera à l’épanouissement.

Sans oublier que l’on peut aussi allier les deux : l’école et l’expérience. Je souhaitais également vous faire part de ma propre expérience, et vous dire que si vous souhaitez vous former en solo : oui, c’est possible, et ça l’est de plus en plus de nos jours.

J’espère que ces quelques retours d’expérience vous auront aidé à y voir plus clair, et à vous motiver à faire les bons choix !

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7 comments

  1. Les écoles ne sont pas toutes chères comme vous le dites.. la formation en apprentissage est gratuite et rémunérée et il y a de nombreuses écoles publiques (et donc gratuite) en France… Saint-Amand-montrond, Bressuire, Graulhet, Valence…

    1. Bonjour Amandine, en effet, c’est exact. Mais ce que j’explique dans ce paragraphe c’est que “outre les frais de scolarité (s’il y en a), il faut pouvoir “vivre” plusieurs mois ou années sans revenus. Quand on est en formation continue, et logé chez ses parents, c’est bien entendu possible comme pour tout cursus scolaire. Mais si vous êtes déjà dans la vie active, il faut s’arrêter de travailler et avoir mis assez de côté pour pouvoir vivre le temps de cette formation. Autre point : les écoles publiques gratuites ne prennent souvent que dans le cadre d’une scolarité continue. Les places en formation adulte sont rares, ou bien proposées par le Greta.

  2. Madame, I reallly thank you. and it is so thankful I found your site here. I am from Myanmar (Birmanie). I have the Bachelor degree on visual communication design from south korea but now I am residing in France since 3 years. I wanted to start my own jewellry business, the small one. However, i don’t have learnt the technique. I asked the formation to pole emploi to finance for 2 months class. It already took me 1year and i am still waiting and it is so complicated to get one formation. So I started to think to go autodidate. It is not easy to learn something here like in asia. Your posts encourage me alot. I will seriously think about it and start. Just want to say the word THANK you.

    1. Hi, I’m really happy to help. Don’t be afraid of the technique, it will come with the time. You can find plenty of free resources on internet, especially if you understand english. And then : training, training, training.
      Bon courage !
      Mélanie

  3. Merci Mélanie pour cet article très intéressant ! J’ai une question par rapport aux métaux précieux, si l’on est pas diplômé en bijouterie, on n’est pas autorisé à détenir des métaux précieux, donc pas autorisé à vendre des créations en argent, or…. ?

    1. Bonjour Karen,
      Tu peux tout à fait vendre des métaux précieux sans avoir de diplôme. En revanche, la détention et la vente de métaux précieux (or, argent…) est strictement contrôlée par les douanes. Tu es donc dans l’obligation de te déclarer auprès du bureau des douanes de ta région, de faire un poinçon de garantie et de tenir à jour un livre de police. Mais le diplôme, on ne te le demandera pas, non.

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